Kareem Xavier Gaspard
3 Décembre 1991 - 21 Mai 2008

Kareem Il m'a fallu plusieurs semaines pour me réveiller d'un affreux cauchemar......
Il m'a fallu des jours et des nuits pour émerger de ce brouillard qui m'enveloppe.
"Mon petit-fils, mon petit Kako, kidnappé-disparu", et dire que c'est arrivé durant le beau mois de mai, mois de joies pour la famille qui fête tant d'anniversaires.... où la nature épanouie fait luire son soleil pour ceux qui peuvent apprécier sa clarté sa beauté.

Depuis ce réveil, je me pose des questions sans réponse.
Pourquoi toi, enfant innocent et fragile?
Pourquoi s'attaquer à une famille chrétienne qui vit dans ce pays pour faire du bien aux autres?
Pourquoi des lâches et des démons tuent-ils les honnêtes gens sans être inquiétés?
Ont-ils aussi une âme? Sont-ils nés des entrailles d'une mère?
Comment peuvent-ils jouir de l'argent de la douleur?
A quoi servent nos pleurs? A quoi servent nos cris?
Les desseins de Dieu sont impénétrables et sa justice seule éclatera à la face de tous.

Pour me consoler, je vis avec les souvenirs ineffaçables de mon cher petit enfant. Maintenant, je comprends pourquoi ton père t'appelle un " Ange".
Tu n'étais pas comme les autres de ton âge.
Enfant silencieux, tu regardais, écoutais et souriais et je me souviendrai toujours de ton beau sourire et de tes yeux innocents.
Enfant serviable, tu faisais tout quand tu venais chez moi et tu disais: Didie, j'ai fini. Que dois-je faire encore?
Enfant obéissant, depuis petit, on ne te répétait pas deux fois la même chose. Tu ne demandais rien en retour. Inutile de parler de tes performances à l'école, je les ai sues seulement par ton directeur et tes camarades de classe.

Mon petit Kako, quand je remonte mes souvenirs, je ne trouve presque rien à te reprocher. Malgré ton jeune âge, tu me laisses en partant beaucoup de leçons à apprendre encore, pour le peu de temps qui me reste à vivre.
Apprendre à garder le silence pour me retrouver.
Modèle de serviabilité, tout le monde t'aimait. Ta bravoure n'a pas de pareille, tu es parti en héros, face aux LACHES qui ne pouvaient pas atteindre ton âme si pure.
Tu m'as appris à prier davantage avec l'Angélus, et en pensant à toi je n'ai plus peur de l'au-delà, car je sais que tu m'y attends pour me guider vers ton Dieu.

Mes larmes coulent avec moins d'amertume quand je pense au petit musicien que tu es : j'étais si fière d'assister à tes concerts.
Et maintenant, mon bel ange, tu fais partie des choeurs mélodieux des anges qui jouent la musique céleste en adorant Dieu.
Accorde ta petite trompette avec les autres anges tes compagnons, et fais entendre tes notes joyeuses qui nous apportent, par-delà l'infini, un peu de consolation.

Ta grand-mère Lydie Gaspard